Le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Boubacar Yacine Diallo, était l’invité ce jeudi de l’émission d’entretien de la télévision KABACK TV. Au cœur des échanges : les réformes engagées durant la période de transition, la question de son mandat à la tête de l’institution, ainsi que le rôle des médias dans la consolidation de la paix et de la démocratie.
Invité de l’émission d’entretien de KABACK TV, le président de la Haute Autorité de la Communication s’est longuement exprimé sur les grandes orientations de son institution pendant la transition en cours. Plusieurs sujets d’actualité ont été abordés, notamment les réformes entreprises pour assainir le paysage médiatique guinéen.
Revenant sur la problématique de la carte professionnelle des journalistes, Boubacar Yacine Diallo a expliqué les raisons qui ont conduit la HAC à revoir le processus d’attribution.
« Mes collègues et moi avons cherché à savoir pourquoi les journalistes n’avaient pas leur carte. Premier motif : la carte était vendue comme la loi le dit. Elle était vendue à 100 000 francs guinéens et les bons journalistes n’avaient pas 100 000 francs guinéens pour acheter la carte. La deuxième contrainte pour eux, c’est que quelqu’un qui se trouve à Yomou devait venir à Conakry pour se faire enrôler afin d’obtenir la carte. Nous avons décidé premièrement de rendre la carte gratuite. Deuxièmement, de recenser les journalistes où qu’ils se trouvent, mais dans une salle de rédaction sur l’ensemble du territoire. Mes collègues ont accepté de se rendre à l’intérieur du pays. Ils ont parcouru toutes les préfectures. Tous les journalistes qui répondaient aux critères fixés par la loi ont été enrôlés », a-t-il expliqué.

La question de son mandat à la tête de la HAC n’a pas été éludée. À ce sujet, le président de l’institution a tenu à clarifier la situation juridique, affirmant que son maintien à la tête de l’organe repose sur des bases légales solides.
« Ceux qui parlent de mandat ne connaissent pas le droit. C’est une ordonnance qui nous a habilités à poursuivre. Et d’ailleurs, quelqu’un peut aujourd’hui poser la question : puisque vous-mêmes vous dites que c’est une commission qui a remplacé la HAC, pourquoi êtes-vous encore là ? Mais il y a une disposition de la Constitution qui dit qu’en attendant la mise en place des institutions prévues dans la Constitution, les institutions et les organes de la transition demeurent. Donc nous ne sommes pas dans l’illégalité. C’est la Constitution qui nous demande de faire ce travail jusqu’à ce que la nouvelle institution soit mise en place », a-t-il précisé.

Dans un contexte sociopolitique sensible, Boubacar Yacine Diallo a également lancé un appel aux professionnels des médias, les exhortant à conjuguer liberté de la presse et préservation de la paix.
« Ceux qui seront là devront être au centre, c’est-à-dire qu’en même temps qu’on préserve la liberté de la presse, on préserve la paix. Ceux qui sont ennemis de la paix, moi je les combats », a-t-il déclaré.

Cette sortie médiatique du président de la Haute Autorité de la Communication intervient à un moment crucial, où le rôle des médias demeure déterminant pour renforcer la confiance entre les institutions et les citoyens, tout en contribuant à la stabilité et à la cohésion sociale.
Bountouraby Kader Camara
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