Le Parlement de la transition burkinabè a adopté à l’unanimité un projet de loi qui consacre la suppression officielle des partis politiques, déjà suspendus depuis septembre 2022. Présenté par le gouvernement comme un instrument de « refondation » et de réorganisation en profondeur de la vie politique nationale, le texte entraîne l’abrogation de la charte des partis politiques ainsi que de la loi encadrant leur financement, les campagnes électorales et le statut de l’opposition. Pour le ministre de l’Administration territoriale, Émile Zerbo, cette décision vise à « remettre à plat » un système partisan jugé responsable de divisions au sein de la société burkinabè, selon des propos rapportés par RFI.
Cette orientation suscite toutefois de vives inquiétudes chez certains observateurs. Un analyste politique cité par RFI y voit un « recul démocratique », estimant que le pluralisme et les débats politiques, relancés après l’insurrection populaire de 2014, sont désormais réduits à néant. Il déplore un contexte marqué par la suspension des activités de la société civile depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré, ainsi que par des mesures coercitives à l’encontre des voix critiques du régime militaire, certaines ayant été envoyées au front dans le cadre de la lutte contre les groupes armés.
Bountouraby Kader Camara
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