Le transfert du commandant Aboubacar Diakité, dit « Toumba », de la Maison centrale de Conakry vers la prison civile de Coyah, continue de susciter une vive controverse. Dans un communiqué rendu public le 10 février 2026, le collectif de ses avocats remet en cause la légalité de cette mesure, qu’il estime contraire aux règles encadrant l’exécution des peines. Les conseils affirment avoir découvert le déplacement de leur client de manière indirecte, avant d’être confrontés à des restrictions d’accès inhabituelles à la prison centrale. Ce n’est qu’après des démarches auprès du Procureur général près la Cour d’appel de Conakry qu’un entretien a pu avoir lieu, dans un climat présenté comme serein. Mais dès le lendemain, un nouveau transfert aurait été engagé, cette fois vers Coyah, sans que l’autorité à l’origine de l’ordre d’extraction ne soit formellement identifiée.

Sur le fond, les avocats soutiennent que cette décision relève d’une compétence judiciaire et non d’un simple acte administratif. Condamné le 31 juillet 2024 à dix ans d’emprisonnement par le tribunal de première instance de Dixinn, une décision aujourd’hui frappée d’appel, Aboubacar Diakité est détenu depuis mars 2017 et totaliserait plus de huit années de privation de liberté. Pour le collectif, toute mesure modifiant ses conditions de détention devait être examinée par la juridiction compétente, conformément au Code de procédure pénale. Ils dénoncent ainsi une atteinte au principe de légalité, aux droits de la défense et au droit à un recours effectif. Une position qui tranche avec la communication officielle des autorités judiciaires, lesquelles justifient le transfert par des impératifs de sécurité à la Maison centrale de Conakry, rapporte nos confrères du site leJeune2024

Bountouraby Kader Camara

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