Quelques jours après la publication de la liste du nouveau gouvernement dirigé par Amadou Oury Bah, la fusion de certains départements ministériels continue de susciter des réactions. Parmi les réformes les plus commentées figure celle de l’unification du ministère de l’Enseignement pré-universitaire avec celui de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle. Une décision qui, sur le terrain, est largement perçue comme pertinente par plusieurs acteurs du système éducatif guinéen.
Avec une équipe gouvernementale resserrée autour de 27 ministères, les autorités affichent clairement leur volonté de rationaliser l’action publique, de regrouper les compétences et de repenser la gouvernance. Dans le secteur de l’éducation, cette fusion est présentée comme un levier stratégique pour corriger les dysfonctionnements structurels et améliorer la cohérence du parcours scolaire et professionnel des apprenants.
Pour Michel Pépé Balamou, secrétaire général du Syndicat national de l’éducation (SNE), cette réforme constitue une véritable opportunité pour le système éducatif guinéen.
« C’est une très grande opportunité pour le système éducatif guinéen. Cela évite la rupture, d’une part, entre l’enseignement pré-universitaire et l’enseignement technique, et d’autre part, entre l’enseignement pré-universitaire et l’enseignement supérieur. Le problème, c’est que les élèves qui quittent le lycée pour aller à l’université sont souvent dépaysés scientifiquement. L’élève qui va en droit n’a jamais vu au lycée ce qu’il découvre à l’université. Celui qui va en ingénierie non plus. D’où la nécessité de diversifier les filières. Il faut un principe de continuité pédagogique. Il ne doit pas y avoir de discontinuité entre les cycles, mais une continuité. »

Selon le porte-parole du ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation (MEPU-A), cette initiative n’est pas une nouveauté dans l’histoire du système éducatif guinéen. Elle a déjà existé par le passé, notamment sous l’impulsion des bailleurs de fonds, qui conditionnaient leur appui financier à des secteurs spécifiques de l’éducation.
Mohamed Ansa Diawara estime que cette décision traduit avant tout une volonté politique forte, axée sur les résultats et la vision à long terme du chef de l’État.
« Si aujourd’hui le président de la République, Mamadi Doumbouya, unifie le ministère de l’Enseignement professionnel et celui de l’Enseignement pré-universitaire, ce n’est pas une nouveauté, mais une question de résultats et de vision. S’il y a eu scission à l’époque, c’était pour répondre aux exigences des bailleurs de fonds, qui voulaient financer uniquement l’enseignement pré-universitaire. Il fallait donc séparer pour permettre cet appui ciblé. Mais au regard des réformes engagées depuis le CNRD jusqu’à maintenant, notamment la vision Simandou 2040, dans laquelle l’éducation occupe la deuxième place, je pense personnellement qu’il s’agit de la concrétisation de la priorisation de l’éducation par le président de la République. »

Sur le terrain, les acteurs éducatifs se disent déjà disposés à accompagner le nouveau responsable de ce département stratégique afin de traduire cette réforme en résultats concrets. C’est le cas de Sékou Kaba, directeur communal de l’éducation (DCE) de Matoto.
« Nous, acteurs à la base, sommes prêts. Je suis personnellement prêt à accompagner le futur locataire de ce grand département. »

Désormais réunis sous une même tutelle, l’enseignement pré-universitaire et la formation professionnelle sont attendus sur des résultats tangibles, notamment en matière de qualité de l’enseignement, d’efficacité du système éducatif et d’amélioration de l’employabilité des jeunes Guinéens.
Bountouraby Kader Camara
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