À Madina Marché, quartier populaire et dynamique de la capitale, l’absence d’une maison des jeunes fonctionnelle devient de plus en plus préoccupante. Lieu autrefois dédié à l’éducation citoyenne, à la culture et aux loisirs, le centre de jeunesse est aujourd’hui réduit à l’état de ruine, remplacé en partie par des activités commerciales.
Mercredi 28 Août 2025, le président du Conseil de quartier de Madina Marché a lancé un appel pressant aux autorités locales et nationales, dénonçant l’abandon de cette infrastructure pourtant essentielle à la vie communautaire: « Notre maison de culture, appelée ex-permanence depuis l’époque de Sékou Touré, était spécifiquement dédiée à la jeunesse de Madina. Elle est aujourd’hui complètement démolie », déplore le président du Conseil de quartier, visiblement ému.

Aujourd’hui, le site ne remplit plus sa vocation initiale. L’absence d’entretien, le manque de suivi des autorités compétentes et la pression foncière ont transformé ce lieu de vie en un espace commercial improvisé, vidé de son âme.
Pour les habitants, cette situation n’est pas seulement une perte d’espace physique, mais aussi un recul social. Le centre représentait un espace de formation, d’expression artistique, de rencontres et d’éveil citoyen pour des centaines de jeunes du quartier:« Nous avons besoin de l’appui de l’État, en particulier du ministère de la Culture et du Patrimoine historique, mais aussi de celui de la Jeunesse. Ce sont eux qui doivent aider la communauté à réhabiliter cette maison des jeunes, afin que la jeunesse puisse y retrouver un cadre sain et constructif », martèle le président du Conseil de quartier.
Il interpelle également le maire de la commune, Dr Badara Aliou Saidouna Koné, pour qu’il prenne à bras-le-corps cette situation :
« Une jeunesse sans lieu de loisir, sans espace culturel, est une jeunesse abandonnée. »

La dégradation de la maison des jeunes de Madina Marché illustre un problème plus vaste. Dans de nombreuses communes, les infrastructures dédiées à la jeunesse souffrent d’un manque criant d’entretien, de financement et de volonté politique. Résultat : des projets qui peinent à survivre et une jeunesse livrée à elle-même.
Malgré leur dynamisme, les jeunes de Madina manquent aujourd’hui d’un espace structuré pour se former, s’exprimer ou simplement se retrouver. Leur avenir, disent-ils, passe aussi par des lieux comme celui-ci — des lieux où se construit le vivre-ensemble et se prépare le développement de demain.
Bountouraby Kader Camara